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Finding Comida

Available in English, French and Spanish.
Finding Comida
Mike Simons

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Our son wants to celebrate his seventh birthday at McDonald’s with his classmates, minus his extended family.

His first six birthdays have been communal feasts, with almost everything on the festive table prepared and served by his many uncles and aunts, grandparents, brothers, sisters and family friends . His affection for them notwithstanding, the norms he learns at school are already molding him to celebrate this annual rite outside the home, without the extended family – to prefer partying with his own age group at a commercial institution.

Without embracing the anti-fast-food fundamentalism of the self-styled “good parents” we know, how do we protect him from norms with far-reaching ramifications? How do we shelter him from the industrial eating that ensures that french fries are standardized to taste the same 10,000 miles apart, in India, Mexico or the US?

The modern individual self is created as much by the food he or she is fed from birth, as s/he is by the school texts, computers, automobiles and other “goods” manufactured by and for industrial eaters. And our journey into the dis-memberment of modern men, women and children begins with the dehumanization of the most basic human act: the communal breaking of bread.

The liberation sought by industrial eaters is a minimal involvement with the growing or cooking of food. Convenience, ease, speed, and the saving of time and energy for consuming food: these offer modern “freedom” to pursue the goals and activities that define modern identity. Reflecting on this identity, farmer and philosopher Wendell Berry discerns death in the throttled communal bonds that once held together peoples and their soils. Agri-business destroys agri-culture, replaces the traditional “we” with the modern “I” – with eyes glued to TV screen, disconnected from the mouth masticating a microwavable meal. Industrial eating rips people apart, not only from each other, but even from their own senses.

Our explorations of community, communion and re-membering might begin with the culture of comida. To contrast the individual self (who consumes industrial food) from the “we” of comida, we find outselves remembering the beautiful small town of San Andrés Chicahuaxtla, situated in the northern mountains of Oaxaca, Mexico. Here, Indians of the Triqui nation live, quite literally, in the clouds.

We remember when we first met doña Refugio, the mother of a friend who invited us to visit him. She was squatting on the floor, at the very center of the room – her place of cooking. We sat down around her, chatting with her and her family for more than two hours. Hand-to-hand, she gave us each a piece of chicken and served us a delicious soup of flor de calabaza.

The fire is at the center of the warmest room of the house. And doña Refugio is there, every day, surrounded by her whole family, talking with her husband, children and grandchildren, discussing personal difficulties or the predicaments of the community. That fire and doña Refugio are at the center of their conversations; and, in fact, at the very center of family life. And family life is the center of the community. The whole community’s life is in fact organized around such fires – the center of kitchens, the source of comida.

It is a general condition of industrialized societies that individual selves are dependent on the private or public institutional apparatus that creates the addiction to food “services.” The worst, perhaps, is that this world inhibits industrial eaters from even perceiving the absolute lack of comida. Industrial eaters daily suffer the illusion of abundance in their supermarkets. According to the common perception, hunger – the absolute lack of food – can appear only in backward countries, like Ethiopia. Some people have identified many hungry Americans (20 million or more, they say) and associate it with many things. But few industrial eaters genuinely sense the lack of comida – not the physical hunger of an empty belly, but the hunger of “I’s” who lack their “we.”

In urging comida, we are not advocating that women squat around the fireplace all over the world. Nor are we suggesting that comida is a bed of roses. Comida defines a social condition in which power remains in the hands of the people. It is their source of solidarity and conviviality; their antidote to ragged, lonely individualism. Every grassroots postmodern group has to rediscover its own cultural ideal of comida in its attempt to rediscover sustainable living and agri-culture. In this search, this adventure for rediscovery, going beyond the deprivation, sadness and monotony of modernity, we may find secret hidden stocks of a still unknown class of comida, alive in the flesh – in the hands, hearts and tongues of those who celebrate it.

Adapted with permission from Grassroots Postmodernism, by Gustavo Esteva & Madhu Suri Prakash (Zed Books, 1998).


Notre fils a décidé de fêter son septième anniversaire chez McDonald, avec ses camarades de classe et ses parents, mais sans les autres membres de la famille. Les six premiers avaient été de grands repas de famille, pratiquement entièrement préparés et servis par les nombreux oncles et tantes, les grands-parents, les frères et les sœurs ainsi que les amis proches de la famille. Son affection envers sa famille et ses proches n'a pas empêché les normes acquises dans son milieu scolaire de le façonner au point de lui faire préférer un lieu commercial hors de la maison, avec un groupe de son âge pour célébrer ce rite annuel.

Sans être aussi fondamentalement anti-tout-prêt, comme ceux que nous connaissons qui se disent bons parents, nous aimerions pouvoir le protéger de certaines habitudes dont il ne pourrait plus se débarrasser. Comment l'aider à ne pas succomber à une norme alimentaire industrielle qui donne le même goût aux patates frites à des milliers de kilomètres à la ronde, en Inde, au Mexique ou bien aux États-Unis?

C'est par la réduction de l'acte le plus fondamentalement humain, le partage du pain, que commence le démembrement des hommes, des femmes et des enfants de la modernité. La destruction du partage communal par l'alimentation industrialisée métamorphose les gens en consommateurs du patrimoine naturel à la poursuite illusoire d'un Soi individuel.

La fameuse libération valorisée par ceux qui s'alimentent de façon industrielle suppose le moins de participation possible à la culture et à la préparation des aliments. Cette liberté qui mise sur la facilité, la rapidité, la sauvegarde de notre temps et de nos énergies nous permettrait soi-disant de nous forger une nouvelle identité.

Le fermier et philosophe Wendell Berry s'est penché sur cette identité des temps modernes et y discerne l'étouffement et la mort des relations collectives qui maintenaient gens et terres ensemble.

En détruisant l'agriculture, l'agro-industrie remplace le Nous traditionnel par le Moi de la modernité. Un regard collé au petit écran, une bouche sans propriétaire qui mastique un plat sortant du micro-onde: les aliments industriels non seulement séparent brutalement les gens, mais les dissocient de leurs propres sensations.

C'est à travers la culture de la comida que nous pourrions commencer à explorer ce qui a trait à la communauté, à la communion et au remembrement. Afin de saisir la différence entre le Soi individuel qui consomme les aliments industriels et le Nous de la comida, nous allons nous retrouver en pensée dans le joli petit village de San Andrès Chicahuaxtla situé dans le nord des montagnes Oaxaca, au Mexique. C'est là que les Indiens Triqui vivent, littéralement, dans les nuages.

Nous revoyons notre première rencontre avec Doña Refugio, la mère d'un ami chez qui nous avions été invités. Elle se tenait accroupie par terre, tout au centre de la pièce, l'espace où elle cuisine. Nous nous étions assis sur le sol autour d'elle et nous avions passé ainsi plus de deux heures à bavarder avec elle et avec sa famille. De la main à la main, elle nous avait servi à chacun une portion de poulet, qu'elle avait préparé sachant qu'il y aurait des invités, ou bien servi une délicieuse soupe de guias de calebaza.

Le foyer se situe au centre de la pièce la plus chaude. Doña Refugio s'y trouve tous les jours, entourée des siens, bavardant avec son mari, ses enfants et petits-enfants, que ce soit pour discuter de difficultés personnelles ou de celles de la communauté. Ce foyer et Doña Refugio sont le centre des conversations, le centre de la vie familiale. Et la famille est au centre de la communauté. C'est en fait la vie de la communauté qui est organisée autour de ces foyers, au centre des cuisines, à la source de la comida.

On peut carrément dire que dans les sociétés industrielles les Sois individuels dépendent presque toujours des appareils institutionnels publics ou privés qui engendrent l'assujettissement aux prétendus services alimentaires. Le pire étant peut-être que dans cet environnement où les supermarchés leur donnent l'illusion de l'abondance, les consommateurs d'aliments industriels ne s’en rendent même pas compte lorsque la comida vient vraiment à manquer. On a généralement l'impression que la famine, le manque absolu de nourriture, ne sévit que dans les contrées retirées, comme l'Éthiopie. Pourtant certains ont mis le doigt sur de nombreux cas de famine, 20 millions ou plus, dit-on, aux États-Unis, et qu'ils ont été liés à diverses causes. Mais peu de consommateurs d'aliments industriels ressentent véritablement ce manque de comida, non pas la sensation physique du creux à l'estomac, mais cette faim du Moi à la recherche du Nous.

Le fait que nous plaidions en faveur de la comida ne veut pas dire que nous concevons les femmes du monde entier accroupies autour de leur foyer. Nous ne prétendons pas non plus que la voie de la comida est sans épines. Il s'agit là d'une condition sociale dans laquelle les gens détiennent le pouvoir, une source de solidarité et de joies à laquelle ils puisent, un antidote à l'individualisme de solitude et de délabrement. C'est lors de leur effort pour retrouver une agriculture et une manière de vivre viables qu'il incombe à chaque groupe post-moderne du substratum populaire de redécouvrir sa propre comida. Au cours de cette quête, de cette aventureuse découverte, au-delà de la dépossession, de la tristesse et de la monotonie de la modernité, il nous est possible de redécouvrir une multitude de nouvelles comidas, bien vivantes entre les mains, aux cœurs et dans les paroles de ceux qui la célèbrent.

Adaptation avec permission de Grassroots Postmodernism, par Gustavo Esteva & Madhu Suri Prakash (Zed Books, 1998).


Nuestro hijo quiere celebrar su séptimo cumpleaños en un McDonald’s con sus compañeros de clase, sin el resto de su familia. Sus primeros seis cumpleaños han sido festejos comunales, en lo que casi todo en la mesa fue servido y preparado por sus muchos tíos y tías, abuelos, hermanos, hermanas y amigos de su familia. A pesar de su afecto por ellos, sus normas escolares ya lo están moldeando a celebrar este rito anual fuera de la casa, sin su familia, prefiriendo convivir con un grupo de su misma edad en una institución comercial.

Sin adoptar el conocido fundamentalismo anti-comida-chatarra de los “buenos padres de familia,” ¿cómo lo protegemos de las normas con ramificaciones trascendentales? ¿Cómo lo protegemos de la comida industrial, que asegura que las papas a la francesa tendrán el mismo sabor a 10,000 millas de distancia, en India, México o los Estados Unidos?

Nuestro viaje al desmembramiento del hombre, la mujer y el niño moderno comienza con la deshumanización del acto humano más básico: La repartición comunitaria del pan. Destruyendo a la comida comunal, la comida industrial transforma a los pueblos en “consumidores,” que consumen víveres en busca de la ilusión de un “yo individual.”

Entre las “las liberaciones mas anheladas” que buscan los consumidores de comida industrial se encuentra el tener una mínima participación en el cultivo o en la preparación de la comida. Comodidad, facilidad, velocidad, ahorro de tiempo y energía para consumir alimentos: Características que ofrecen la moderna “libertad” para buscar los objetivos y las actividades que definen a la identidad moderna. Reflexionando en esta identidad, el granjero y filósofo Wendell Berry discierne la muerte de los asfixiados lazos comunales que alguna vez mantuvieron juntos a los pueblos con sus tierras. El agro-negocio destruye la agri-cultura, reemplaza al tradicional “nosotros” con el “yo” moderno - con los ojos pegados a la pantalla de televisión, desconectados totalmente de una boca que mastica una comida hecha en un horno de microondas. La comida industrial separa a las personas, no sólo una de la otra, sino tambien de sus propios sentidos.

Nuestra exploración de comunidad y de comunión podría comenzar con la cultura de la comida. Para contrastar al yo individual (que consume comida industrial) con el “nosotros” de la comida, recordamos el hermoso pueblito de San Andrés Chicahuaxtla, situado en la sierra del norte de Oaxaca, México. Aquí los indígenas de la nación Triqui viven, literalmente, en las nubes.

Recordamos cuando conocimos a Doña Refugio, la madre de un amigo que nos invitó a visitarlo. Ella estaba en cuclillas en medio del cuarto - el lugar donde cocina. Nos sentamos a su alrededor, platicando con ella y su familia por más de dos horas. Con las manos, nos dio a cada uno un pedazo de pollo - mismo que preparó porque sabía que tendría visitas- y sirvió una deliciosa sopa de flor de calabaza.

El fuego está al centro de la habitación más acogedora de la casa y Doña Refugio esta allí, todos los días, rodeada por toda su familia, hablando con su esposo, sus hijos y sus nietos, platicando de problemas personales o de los predicamentos de la comunidad. La vida familiar es el centro de la comunidad. De hecho, la vida entera de la comunidad está organizada alrededor de dichos fuegos, el centro de las cocinas, la fuente de comida.

Es una condición general de las sociedades industrializadas que los individuos sean dependientes del aparato institucional público o privado que crea la adicción a los "servicios" de comida. Lo peor de todo es, tal vez, que este mundo inhibe a los consumidores de comida industrial a siquiera percibir la falta total de comida. Los consumidores de comida industrial sufren diariamente la ilusión de abundancia en sus supermercados. De acuerdo a la percepción popular, el hambre - la falta total de comida - únicamente puede ocurrir en países atrasados como Etiopía. Algunos han identificado a muchos estadounidenses hambrientos (20 millones o más, dicen) y lo relacionan con muchos factores. Pero muy pocos consumidores de comida industrial sienten genuinamente la falta de comida - no el hambre física de un estomago vació, sino el hambre de los “yoes” que carecen de los “nosotros.”

Al insistir en la comida, no estamos abogando para que las mujeres se pongan en cuclillas frente a la chimenea alrededor del mundo. Tampoco insinuamos que la comida sea un cuento de hadas. La comida define una condición social en la que el poder permanece en las manos del pueblo. Es su fuente de solidaridad y de convivencia; su antídoto al individualismo harapiento y solitario. Todo grupo comunitario post-moderno debe redescubrir su propio ideal de comida en su intento por redescubrir una vida sustentable y la agri-cultura. En ésta búsqueda, ésta aventura de redescubrimiento, yendo mas allá de la privación, la tristeza y la monotonía de la modernidad, podríamos encontrar existencias secretas de algún tipo de comida no conocida que viva en la carne, las manos, los corazones y las lenguas de aquellos que la celebran.

Adaptado con permiso de Grassroots Postmodernism, (“Postmodernismo comunitario”) por Gustavo Esteva y Madhu Suri Prakash (libros Zed, 1998).

Comments on the article “Finding Comida”

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maverickpower8

Let him eat EVERYTHING in mass and see all his little friends wing out of control and have a melt down
30 minutes after the heinous cake you buy from Gall MArt, believe me after parenting 3 kids my girls will not go near a McYacs , no matter who is there. Letting them be poisoned by the thing they desire will pop that bubble faster than you can say " Johnny barfed in the tube slide "

maverickpower8

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danielucasec

Creo que crítica es buena, pero a la vez ambiciosa. Aunque no hay quien los critique por eso, creer que se puede cambiar el mundo, para eso estamos ¿no?

I think this spanish translation is way better that the last articule "La santa mierda", congrats!

danielucasec

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Adbusters

All of our translations are done by volunteers, which we are very grateful for. Many of the articles in Adbusters contain words and phrases that are very difficult to translate into other languages. (eg. how do you translate "meme warrior" into other languages? I'm sure if you asked ten different people you'd get ten different answers.) That being said, if you have any improvements for translated articles please send them to kevin (at) adbusters.org or please contact Kevin if you would like to get involved in translating other articles.

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