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Michel Serres [French Translation]

Une théorie de la pollution mentale.

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Le philosophe français Michel Serres a écrit le premier véritable essai philosophique du mouvement environnementaliste mental, une re-conception radicale de la pollution que Adbusters pointe du doigt. Le concept de son livre Le Mal Propre: Polluer pour s’approprier démontre que les animaux, y compris les humains, utilisent la pollution comme moyen de marquage. L’appropriation du territoire par la souillure a évolué avec le temps, passant des primitives fèces et urines à la « Pollution dure » – les produits chimiques industriels – et la « Pollution douce » – la publicité et ses nombreuses variantes.

Serres définit la pollution dure comme la pollution de l’air, les gaz toxiques émis par les usines des multinationales, les décharges immenses entourant les grandes villes. La pollution douce désigne les innombrables logos, publicités ou images qui envahissent l’espace naturel urbain ou rural. Bien qu’ils utilisent l’énergie de manière différente, les déchets et les publicités résultent d’une même volonté de souillure, de la même intention de s’approprier et sont tous deux d’origine animale.

Michel Serres apporte donc une importante contribution à l’environnementalisme mental en étant le premier à développer une théorie philosophique unifiée de la pollution, expliquant comment la publicité est une extension des déchets toxiques. Jusqu’à présent, l’argument principal de l’environnementaliste mental était de définir la publicité comme découlant de la consommation, salissant les esprits pour créer des consommateurs, aussi inévitable que la pollution des rivières par les usines. Cet argument est toujours valable – et il est évoqué dans son livre- mais Serres va plus loin en mettant en exergue les similarités entre les toxines psychologiques et physiologiques. Il dénonce « ceux qui salissent l’espace avec des panneaux publicitaires couverts de mots et d’images, cachant le paysage, tuant la perception et la violant par ce vol. D’abord le paysage, ensuite le monde. »

Plus qu’un simple traité philosophique, Le Mal Propre est un cri de ralliement passionné. Se rendant soudainement compte que la Terre est en train d’être envahie par la pollution douce des multinationales, Serres ne cache pas sa colère. C’est en cela que son livre est un travail d’environnementaliste mental: il ne cherche pas à gagner l’acquiescement mais il hurle pour une révolution sociale massive.

Micah White (Traduit de l’anglais pour Adbusters par Alex Maïakovsky)

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Comments on the article “Michel Serres [French Translation]”

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Elvendork

Merci pour la traduction! C'est pas toujours évident de tout comprendre étant pas anglophone de naissance ;)

Elvendork

Merci pour la traduction! C'est pas toujours évident de tout comprendre étant pas anglophone de naissance ;)

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